Le 17 septembre dernier, plusieurs commerçants creusotins étaient conviés à la Mairie du Creusot pour discuter des problématiques liées au commerce. Je ne vais pas revenir en détail sur le contenu de cette réunion, mais simplement m’attarder sur deux points en particuliers, qui dépassent par ailleurs allègrement le cadre de cette réunion. Cet article sera en deux parties, chaque partie sera dédiée à l’un des points sur lesquels je veux revenir.
Commençons par la partie 1 : l’hypocrisie d’une partie de la population creusotine sur son rapport avec le commerce.
Début juillet, la ville du Creusot a commencé à mener une enquête auprès de la population, pour connaître ses attentes en matière de commerce. L’idée de l’équipe municipale est simple : savoir ce qu’attend la population, pour pouvoir ensuite agir de sorte à ce que l’offre se rapproche le plus possible de la demande. Tout du moins, en usant des moyens qui sont à leur disposition. On a donc un questionnaire quasi-anonyme (seule l’adresse courriel est exigée), et donc qui dit anonyme, dit possibilité de pouvoir répondre sans risquer de se faire juger. Retenez bien ça, c’est important pour la suite.
Qu’est-il sorti de ce questionnaire ? Que divers types de commerces sont demandés… Mais quels sont ces commerces ? Les petits commerces de vêtements et de chaussures figurent parmi les plus réclamés ! Or, ces mêmes types de commerces figurent aussi parmi ceux qui ont connu le plus de fermetures à échelle nationale ces dernières années. D’ailleurs, rien qu’au Creusot, on a connu pas mal de fermetures de ce type de commerces (Kotwas, Cache-Cache, Impulsion, Devred et Les Pieds sur Terre, pour ne citer qu’eux). Et si on a eu toutes ces fermetures en pagaille, ce n’était pas parce que les propriétaires de ces magasins se sont réveillés un beau matin en disant « Tiens, et si je fermais définitivement ? ». Non, évidemment. Si ça a fermé, c’est parce qu’il n’y avait plus assez de clients, tout simplement ! Donc plus de client, plus de ventes. Plus de ventes, plus de chiffre d’affaires. Plus de chiffre d’affaires, plus de magasin, c’est aussi simple que ça !
Alors bien sûr, à l’heure où tout le monde se serre la ceinture, tout le monde peut comprendre qu’on se tourne volontairement vers des solutions à bas coût, notamment la seconde main ou le discount chinois en ligne. Mais à ce moment-là, bon sang de bonsoir, POURQUOI réclamer PLUS de magasins dans lesquels vous n’irez PAS dans ce fichu questionnaire ? Vous aviez peur de vous faire mal voir si vous réclamiez autre chose ? Mais ce questionnaire est ANONYME ! Autant être franc du collier !
Et là j’ai la conviction de toucher à un point crucial : l’hypocrisie d’une partie de la population creusotine. Une population qui réclame des trucs, mais qui, une fois que lesdits « trucs » sont là, n’y va pas ou n’en profite pas ! Et ce n’est même pas par déception, genre ils y seraient allés une fois, ils auraient été déçus et du coup ils n’y retourneraient plus, non ! Ils n’y vont PAS DU TOUT ! Et le souci avec ça c’est que toute cette hypocrisie, elle empêche de connaître les VRAIES aspirations de la population en matière de commerce, celles que les gens n’osent pas dire, préférant dire qu’ils veulent des magasins dans lesquels ils n’iront jamais ou très rarement. Et c’est aussi un sacré problème pour les études de marché : en effet, si les gens sont aussi nombreux à être hypocrites, les aspirants commerçants qui réalisent des études de marché voient leurs études totalement faussées par tout ça ! À partir de là, ça peut compromettre de nouvelles installations commerciales au Creusot !
Enfin bref, voilà, il me paraissait important de mettre les pieds dans le plat, d’accuser frontalement tous ceux qui participent à cette hypocrisie généralisée (je sais bien qu’il y a aussi beaucoup de creusotins qui ne mangent pas de ce pain-là, après-tout, moi-même suis creusotin et fier de l’être, et pour autant j’ai été sincère dans mes réponses à ce fameux questionnaire). Et à ceux qui se sentiraient visés et seraient tentés de me répondre « Oui mais les commerçants, ils ont des choses à se reprocher aussi », je vous réponds : attendez la partie 2, elle vous intéressera certainement ! 😉












