Les Rugissantes, un sujet Ô combien épineux à traiter quand on tient un média comme Creusot VOX, tant il est facile de caricaturer les deux camps : d’un côté ceux qui présentent le festival comme une réussite incontestable et incontestée, de l’autre ceux qui voudraient le voir disparaître.
Or, comme bien souvent, la réalité est probablement un peu plus complexe.
Le 20 juillet est paru un billet de Jérémy Pinto, l’ancien adjoint à la culture, aujourd’hui chef de file de fait de l’opposition municipale (David Marti étant certes toujours conseiller municipal, mais ne siégeant jamais), qui a pris une position très claire en faveur du maintien des Rugissantes. Rien de très surprenant, me direz-vous. Après tout, Jérémy Pinto était directement chargé de la culture sous l’ancienne majorité. L’édition 2026 a d’ailleurs été très largement préparée avant l’alternance municipale. Il est donc logique qu’il défende un festival auquel il a lui-même largement contribué.
En revanche, une phrase de son intervention m’a particulièrement interpellé :
« Le festival doit continuer car il n’est ni celui de l’équipe municipale précédente, ni celui de l’actuelle. »
Sur le principe, je suis plutôt d’accord. Un événement financé par de l’argent public ne devrait jamais appartenir à un camp politique. Mais est-ce réellement le cas ? Il faut dire les choses telles qu’elles sont, Les Rugissantes, tel que c’est actuellement, ont une ambiance globale très « bobo », tant dans leur contenu que dans leur contenant. Une ambiance qui fait davantage penser aux grandes villes dirigées par la « gauche caviar » comme Paris ou Grenoble qu’à une ville ouvrière comme Le Creusot. Est-ce une impression personnelle ? Peut-être. Mais si cette impression est partagée par une partie des creusotins, alors elle mérite d’être entendue.
Il y a aussi une autre question que je trouve légitime de poser : celle de l’utilité à long terme du festival. Attention, je ne parle pas de la fréquentation, les chiffres sont là, et ils montrent que les Rugissantes attirent du monde. Personne ne peut le nier.
En revanche, sept ans après la création du festival, peut-on dire qu’il a changé durablement la situation du Creusot ? La population continue de diminuer, et on entend toujours autant de jeunes dire qu’il n’y a rien à faire au Creusot. Et si certains commerces situés autour du site profitent évidemment de l’événement pendant quelques jours, quel est l’impact réel sur le reste de la ville, et surtout sur le long terme ?
Enfin, il y a une dernière interrogation : on nous annonce plus de 20 000 spectateurs. Très bien. Mais parmi eux, combien viennent réellement du Creusot ou des communes voisines ? Et combien découvrent simplement la ville le temps d’un weekend avant de repartir ? Je n’accuse rien ni personne, je pose la question, une de plus me direz-vous.
Je ne prétends pas avoir les réponses à toutes ces questions. En revanche, je comprends parfaitement que le débat existe aujourd’hui. Car derrière la question des Rugissantes se cache en réalité une autre question, bien plus importante : quel type de politique culturelle souhaite-t-on pour Le Creusot ? À vous de le dire dans les commentaires, si le cœur vous en dit !













