J’ai ouï dire que les forains de la fête de la Saint-Laurent-qui-n’est-pas-au-quartier-Saint-Laurent (nouveau nom officieux de la fête patronale du Creusot) seraient remontés contre ma personne, en raison de propos où je qualifiais les forains de « carpettes » des politiciens. Ils ne l’ont pas pris comme un compliment, et à raison, surtout quand on sait le peu d’estime que j’ai pour les politiciens !
Mais alors pourquoi tant de virulence de ma part ? C’est le but de cet édito. M’expliquer, et faire comprendre pourquoi j’ai dit ça, et pourquoi je ne regrette pas d’avoir dit ça. Peut-être que cela va vous convaincre, ou peut-être pas, chacun sera juge, en son âme et conscience ! 😉
Tout d’abord, un peu de contexte : rappelons que 2024 fût la dernière année où la fête s’est tenue sur son lieu historique, à savoir la place Schneider, c’est-à-dire à côté de l’église qui porte le même nom que la fête : Saint-Laurent. On savait qu’en 2025, elle ne pourrait pas se tenir là, en raison des travaux de la place. En revanche, une inconnue subsistait pour 2026 : retour à l’emplacement historique, ou bien le temporaire deviendrait définitif ? À l’époque, les forains disaient à qui veut l’entendre que si jamais la fête venait à être définitivement déplacée, ils feraient un blocus de l’entrée du Parc des Combes avec leurs camions.
Au final qu’avons-nous eu ? Sans surprise, la fête a été déplacée en 2025 (pas le choix, travaux obligent), mais là où il y a eu un changement radical de discours par rapport à 2024, c’est que les forains ont applaudi le nouvel emplacement. Quand bien même la fête est « à deux étages » et n’est donc pas optimale pour les usagers de poussettes ou fauteuils roulants, quand bien même ça bloque l’accès à l’avenue de Verdun, au parking de la sécu, et à la CAF, les forains ont applaudi des deux mains. C’est un sacré changement de discours. Et c’est donc tout naturellement qu’en 2026, l’emplacement « le temps des travaux » s’est avéré définitif et a été reconduit. En aparté, il convient de noter que la Journée Nationale des Véhicules d’Époque a suivi le même chemin, là encore sans se poser de questions sur les usagers de poussettes et de fauteuils roulants, ni sur les désagréments qui peuvent résulter du barrage de l’avenue de Verdun.
Et normalement, si vous avez bien tout suivi, vous avez compris pourquoi j’ai usé du qualificatif de « carpettes » : ils ont menacé de bloquer le Parc des Combes en cas de déplacement, et non seulement ils n’ont pas mis leur menace à exécution, mais en plus, ils se sont carrément rangés derrière ce déplacement qu’ils dénonçaient un an plus tôt (deux ans désormais).
Jadis, j’étais plutôt un défenseur des fêtes foraine à l’ancienne, mais avec ce changement manifeste de mentalité (peut-être dû à un changement de génération chez les forains, allez savoir), des prix toujours plus élevés, et une multiplication des jeux douteux (les fameuses cages avec le grappin), la fête est devenu indéfendable en mon sens.
Et la cerise sur le gâteau, c’est la fréquentation : aujourd’hui, le plus gros du public des fêtes foraines (je dis « des » car ces reproches sont globaux, et pas spécifiques à la fête du Creusot), c’est essentiellement composé de jeunes… mais vous savez, les mêmes « jeunes » que ceux qu’on voit régulièrement dans les rubriques « faits divers » et que la presse appelle pudiquement « jeunes ». Avec tout ce que ça implique de désagréable. Et d’ailleurs ça n’y trompe pas : la dernière fois en date que j’ai entendu des gens se moquer allègrement et publiquement du handicap de ma compagne, c’étaient ces fameux « jeunes », et c’était… à la fête foraine du Creusot, l’année dernière. Tout est dit.
Donc voilà. Moi je n’ai pas la prétention d’empêcher qui que ce soit d’aller à la fête foraine du Creusot, ni même d’en dire du bien, mais personne ne m’empêchera de dire ce qu’en pense, et pourquoi je pense cela. Sur ce, n’hésitez pas à dire, vous-même, si vous y allez encore, ou si, comme moi, vous avez cessé d’y aller (si oui, depuis quand ?), les commentaires sont là pour ça. Sur ce, je vous laisse, j’ai du travail à faire… Du travail qui ne sera pas facturé au-delà du raisonnable, lui !













