Alors, me revoilà assez vite pour la seconde partie de cet article, trois jours après la première, car, pour citer un ancien camarade, « J’ai une vie à côté », Creusot VOX étant une activité informelle et bénévole. D’ailleurs, avant d’entrer dans le vif du sujet, j’en profite pour vous informer (ou vous rappeler pour ceux qui étaient déjà au courant) que si ce contenu vous plait, vous pouvez me donner un pourboire ponctuel ou mensuel sur la plateforme Tipeee.
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Instant charité mis à part, passons donc au cœur de cette seconde partie !
Après une première partie où j’ai beaucoup blâmé les non-commerçants, certains, notamment parmi ceux qui savent que je suis moi-même commerçant (étant l’un des deux patrons du Café Manga Les 9 Nekotakus avec ma femme) pourraient se dire que je me contente de faire du corporatisme puant. Mais pas du tout. Si je maintiens qu’il y a une responsabilité dans la crise du commerce parmi les non-commerçants (donc potentiels clients), il y a AUSSI une responsabilité au sein des commerçants, et je précise que je n’ai pas la prétention d’exclure ma compagne et moi-même d’une partie de cette responsabilité commerçante : je suis CONTRE toute forme de déresponsabilisation ! Et cette responsabilité des commerçants, c’est justement le sujet d’aujourd’hui.
Il faut savoir qu’en plus d’être un enfant de commerçants (mon père a tenu entre autres « L’Épicerie » rue Leclerc et « L’Eden Broc » rue Foch, ma défunte mère a eu « La Boîte à Malices » rue Marceau et « Quat’Sous » rue Leclerc, et mes deux parents ont tenu ensemble « La Belle de Mai » rue Jean Jaurès), j’ai aussi eu plusieurs occasions de voir le milieu de « l’entre-soi » des commerçants de l’intérieur, notamment durant la période où mon père avait fait adhérer L’Eden Broc à l’association « Creusot-Foch Animation ». Plus récemment, le 17 septembre, ma femme et moi avons été conviés à une réunion de commerçants dans un cadre municipal (on en parlait déjà dans la partie 1), et c’était à cette occasion que je me suis rendu compte, avec beaucoup de désarroi, qu’en pas loin de huit années, certaines mentalités n’ont pas changé d’un iota.
Car si, à l’époque des dernières années d’avant la pandémie du pangolin, il régnait un conservatisme très dur au sein du commerce creusotin, empêchant toute initiative nouvelle, et toute remise en question de l’ordre établi (c’était par ailleurs la raison pour laquelle mon père n’avait pas renouvelé son adhésion à Creusot-Foch Animation à l’époque), les choses n’ont absolument pas changé depuis. J’en veux pour preuve, la très mauvaise réception par une grande partie de nos confrères de mes deux seules déclarations majeures durant cette fameuse réunion à la Mairie du 17 septembre.
Ma première déclaration, c’était une référence au fait que chez « Les 9 Nekotakus », plusieurs clients nous ont félicité d’ouvrir le dimanche (après-midi inclus), et que ces gens-là, pour le coup, ne font pas partie des « hypocrites » que je dénonçais dans la partie 1, car c’est précisément le dimanche qu’ils viennent le plus souvent dans notre commerce. Et dans le même esprit, je rappelais aussi que beaucoup de gens disent qu’il n’y a pas grand chose à faire le dimanche au Creusot (ce que je lis d’ailleurs souvent sur les commentaires ici même, sur Creusot VOX). Cette déclaration a été accueillie très froidement. Pourtant, c’est un vrai sujet, puisque vous êtes nombreux à répéter qu’effectivement, le dimanche au Creusot, c’est pas fou-fou.
Ma seconde déclaration était une réponse aux préoccupations municipales sur le manque de dialogue entre commerçants. Mais avant de vous dire quelle était cette déclaration, un peu de contexte : c’est un secret de polichinelle, il n’y a que peu de dialogues entre commerçants au Creusot (pas même par quartier), et donc qui dit peu de dialogues, dit peu d’actions communes. Et les quelques rares actions « communes » qui existent sont en fait des évènements qui profitent à une petite minorité de commerçants, donc pas si « communes » que ça. Et c’est dans ce contexte que j’ai dit que tous les commerçants du Creusot n’ont pas forcément envie de raquer une certaine somme par an à une association type UCIA ou association de commerçants de quartier, pour au final ne pas avoir grand chose en retour, et qu’il faudrait trouver d’autres moyens, plus « informels », pour que les commerçants puissent discuter entre eux à tout moment, pour s’organiser tous ensemble. Vu que je n’étais pas compris, j’ai émis un exemple : un groupe sur WhatsApp ou sur Telegram dans lequel les commerçants pourraient être membres, afin de pouvoir échanger facilement, avec possiblement M. Dufaut (adjoint au commerce) et/ou M. Montpré (manager de centre-ville) qui seraient aussi dans le groupe pour garder un œil sur tout ça, le tout sans être chapeauté par une structure associative complexe et coûteuse. Je ne vais pas y aller par quatre chemins : la réaction de nombre d’autres commerçants était digne de la réaction de catholiques qui viendraient d’écouter un discours sataniste. Il faut dire que certains commerçants auraient beaucoup à perdre à ce que les commerçants puissent se dispenser de structures type UCIA et compagnie, donc forcément qu’une telle idée ne peut pas leur plaire… Car ils pensent à leur intérêt AVANT l’intérêt commun ! Hé oui, il faut dire les choses telles qu’elles sont !
Et ces réactions de commerçants à mes deux seules déclarations ne sont que des exemples de ce conservatisme, de cette allergie au changement et à la remise en question. En réalité le problème est non seulement plus profond, mais aussi plus ancien, on peut même remonter jusqu’aux années 90 ! Oui, vous avez bien lu ! À l’époque, la Mairie du Creusot envisageait très sérieusement de piétonniser la rue Maréchal Foch. Le conservatisme des commerçants d’alors avait provoqué une levée de boucliers, et s’opposait à tout changement. Entre la Mairie qui souhaitait piétonniser, et les commerçants qui souhaitaient garder le statu-quo, la Mairie avait fini par trouver un compromis : l’élargissement des trottoirs, ce qui a donné la rue Foch telle qu’on la connait aujourd’hui.
Sur ce, pour finir, je vais m’adresser directement à M. Dufaut, Mme Gloriant (en charge de la redynamisation commerciale), et à M. Montpré pour terminer cet article : votre tâche est noble, et vous savez que je suis de tout cœur avec vous. Mais JAMAIS, je dis bien JAMAIS vous ne parviendrez à redresser la barre du commerce creusotin, tant que vous n’aurez pas traité la problématique du conservatisme à bras le corps. Car si vous êtes fatalement impuissants face à l’hypocrisie d’une partie de la population que je dénonçais dans la première partie, vous avez en revanche une certaine marge de manœuvre pour contrer ce conservatisme qui empêche toute réelle évolution. À vous de faire le nécessaire pour passer de la stagnation à l’évolution.












