Je me permets de sortir un peu du cadre de l’actualité locale pour parler d’un fait d’actualité nationale : le retrait de la controversée loi Yadan des débats de l’Assemblée Nationale. Comme sur Creusot VOX, j’aime l’art de la vulgarisation, je vais vous expliquer (le plus brièvement possible)…
- 1 – Pourquoi ce projet de loi est liberticide.
- 2 – Pourquoi il y a DÉJÀ des lois liberticides qui ont été votées avant, et en quoi consistent-elles.
- 3 – Pourquoi le retrait de la loi Yadan est un trompe-l’œil pour mieux la refourguer après.
1 – Pourquoi ce projet de loi est liberticide.
La proposition de loi « visant à lutter contre les nouvelles formes d’antisémitisme », plus connue sous le nom de la députée qui en est à l’origine, la députée Renaissance (donc macroniste, le même camp que Édouard Philippe, le candidat des médias de grand chemin pour la présidentielle) Caroline Yadan, est une proposition de loi visant concrètement à réduire le champ de la liberté d’expression.
Pour faire simple, si cette loi venait à être votée, toute remise en cause des actions guerrières de l’État d’Israël serait considérée comme un délit antisémite. Alors que fondamentalement, une grande partie (si ce n’est la majorité) des français se fiche royalement du conflit Israël-Palestine (faute de pouvoir se sentir concernés par ce conflit lointain), la loi Yadan vise à imposer, à tous, le narratif d’un seul camp, en l’occurrence le camp des pro-Israël. Qu’on soit d’accord ou pas, cela pose un grave problème de liberté d’expression.
2 – Pourquoi il y a DÉJÀ des lois liberticides qui ont été votées avant, et en quoi consistent-elles.
Le projet de loi Yadan n’est, hélas, pas le premier projet de loi restreignant la liberté d’expression. Avant cela, il y a déjà eu la loi Pleven de 1972, qui a créé le fameux délit ultra-nébuleux d' »incitation à la haine ». C’est à cause de la loi Pleven que des associations subventionnées comme SOS Racisme, la LICRA, et j’en passe, font leur loi aujourd’hui. Une telle loi n’existe évidemment pas dans des pays où la liberté d’expression est réelle, comme les États-Unis par exemple. Cette loi est ainsi contraire à l’esprit de l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, qui dit « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. » Et après la loi Pleven, il y a aussi eu la loi Gayssot de 1990, qui instaure la notion de « vérité d’État » concernant la seconde guerre mondiale, et qui, là encore, restreint la liberté d’expression.
Qu’on s’entende, dire du mal d’une communauté sur des bases ethniques, ou bien contester des crimes contre l’humanité, ce n’est pas quelque chose de bien. Mais dans une démocratie, ce n’est pas à la loi de dire ce qu’on a le droit de dire ou ne pas dire, mais bien au peuple. Avant le vote de la loi Gayssot par exemple, quelqu’un qui tenait un discours négationniste était DÉJÀ mal vu par la population. Faire une loi est donc inutile.
3 – Pourquoi le retrait de la loi Yadan est un trompe-l’œil pour mieux la refourguer après.
Ce dernier point, ça va aller vite. Certains crient en effet déjà victoire parce que les députés macronistes ont annoncé le retrait du projet de loi Yadan. Sauf que c’est un retrait pour mieux le refourguer ensuite, et ça ce n’est pas moi qui le dis, c’est Caroline Yadan elle-même qui l’a dit sur son compte X (ex-Twitter) :
Donc en gros, le projet de loi s’en va en avril… pour mieux revenir en juin. Ce n’est donc que partie remise.
Conclusions
Déjà, pour ceux qui seraient admiratifs du comportement de LFI durant cette séquence, car il faut bien le dire, ils se sont illustrés pour avoir lutté contre la loi Yadan… On ne va pas se mentir, ça ne fait pas de LFI des grands défenseurs de la liberté d’expression, car si tel était le cas, ils auraient aussi prôné l’abrogation des lois Pleven et Gayssot que j’ai précédemment citées. Or, ils ne le font pas. C’est même tout l’inverse : LFI se félicite régulièrement des personnalités de droite qui se font condamner du fait de la loi Pleven. La réalité, c’est que LFI est contre la loi Yadan uniquement parce que leurs élus, qui multiplient les déclarations anti-Israël, en seraient les principaux condamnés si cette loi venait à être votée.
La réalité, c’est qu’au jour d’aujourd’hui, il n’y a AUCUN parti représenté au parlement français qui lutte activement en faveur de la liberté d’expression. Peut-être qu’individuellement, il y a quelques députés par-ci par-là qui sortent du lot, mais si tel est le cas, ils sont minoritaires. C’est pourquoi la préservation de la liberté d’expression sera un enjeu majeur des prochaines échéances électorales qui, à défaut d’être défendue par un parti, devra être défendue par NOUS, les citoyens ordinaires, alias « ceux qui ne sont rien » pour le Petit Instable de l’Élysée…
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