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Le point sur Pédoland

Ces dernières semaines, l’affaire Lyhanna a remis la question de la pédocriminalité au centre du débat public. Des manifestations ont eu lieu à Montceau, à Autun et ailleurs. Je ne vais pas revenir en détail sur ces rassemblements, puisque je me suis déjà exprimé à leur sujet le 10 juin.

Pour ceux qui n’avaient pas suivi, j’avais notamment reproché aux organisateurs de parler de tout sauf du problème principal : le laxisme de la justice. On nous parlait de « violences sexistes et sexuelles », de « loi intégrale » et de diverses revendications militantes. Mais la question essentielle était ailleurs : comment un multirécidiviste comme Jérôme Barella a-t-il pu être en situation de faire une nouvelle victime ? Car si la justice avait correctement fait son travail en amont, Lyhanna serait encore en vie aujourd’hui. Ce n’est pas une opinion. C’est un fait.

À cela s’ajoute un autre problème dont je n’avais pas parlé le 10 juin : la manière dont ces mouvements militants présentent la pédocriminalité. En lisant certains appels à manifester diffusés après l’affaire Lyhanna, on avait parfois l’impression que la pédocriminalité serait avant tout une affaire d’hommes agresseurs et de filles victimes. Or, la réalité est bien plus complexe que cela. Les femmes pédocriminelles existent. Les petits garçons victimes existent également. Et les victimes de pédocriminels n’entrent pas toujours dans les schémas idéologiques que certaines voudraient imposer au débat public. Pourquoi est-ce important ? Parce que lorsqu’on commence à regarder un problème à travers une grille de lecture militante, on finit souvent par ne voir qu’une partie du problème. Or, la pédocriminalité mérite mieux que cela. Elle mérite qu’on regarde les faits tels qu’ils sont, et non tels qu’ils devraient être pour correspondre à telle ou telle idéologie. La protection de l’enfance devrait être un sujet universel. Pas un sujet réservé à un camp politique ou à une vision particulière des rapports entre les hommes et les femmes. D’ailleurs ce n’est pas pour rien si la « récupération politique » a été à ce point dénoncée.

À partir de tout ça, je ne suis pas surpris que les manifestations aient peu mobilisé. Non pas parce que les français se moquent de la protection de l’enfance, bien au contraire, mais parce qu’ils savent instinctivement où se situe le véritable problème qui n’était justement pas évoqué dans ces manifestations : l’impunité.

Cette impunité, on la retrouve dans bien d’autres affaires.

Je pense notamment à Nicolas G., cet animateur parisien accusé par neuf fillettes de comportements particulièrement préoccupants (dont 3 qui l’accusent d’attouchement, excusez du peu) dans le cadre du programme EVARS. Alors que la France se remettait à peine du choc provoqué par l’affaire Lyhanna, le tribunal correctionnel de Paris a récemment prononcé sa relaxe, avec la possibilité pour lui de retravailler au contact de mineurs (vous ne rêvez pas).

Ajoutez à cela le refus obstiné de la Macronie de faire une commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Epstein, les protections dont ont bénéficié ou bénéficient encore certaines personnalités influentes, les silences médiatiques sélectifs, et vous obtenez un tableau qui, à mes yeux, est impossible à ignorer.

Oui, les pédocriminels sont protégés dans ce pays.

Certains crieront à l’exagération. Pourtant, lorsque l’on additionne les récidives évitables, les enquêtes qui n’aboutissent pas, les affaires étouffées, les complaisances idéologiques et les protections accordées aux puissants, cette conclusion me paraît difficile à éviter.

Pendant ce temps, les macronistes prétendent vouloir « protéger les enfants » en multipliant les dispositifs de contrôle, de surveillance ou de censure. Qu’ils commencent déjà par protéger les enfants des prédateurs qui passent à l’acte, et après ils pourront avoir la prétention de « protéger les enfants ».

Je n’ai pas de solution miracle à proposer, étant plutôt blasé sur la question. Mais je sais une chose : tant que ceux qui permettent cette impunité ne seront pas remis en cause, rien ne changera réellement. Et c’est précisément pour cela qu’il faut continuer à les défier, à les critiquer et à les mettre face à leurs responsabilités. Et je parle aussi bien de ces politicards pourris que des fameux médias de grand chemin qui leur servent de porte-parole.

Sur ce, n’hésitez pas à dire ce que vous aussi, pensez de tout ça. Si ce texte, qui me travaillait depuis plusieurs jours (d’où mon absence prolongée) vous a plu, n’hésitez pas à en parler autour de vous. Plus on commentera et on débattra, mieux ce sera !

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