En ce jour de fête de la musique, j’ai envie de vous parler franchement de Creusot VOX.
Cela fait un petit moment déjà que je fais vivre cette page de plus en plus en traînant les pieds. Certains d’entre vous l’ont peut-être remarqué. D’autres non. Attention : cela ne veut pas dire que l’envie a totalement disparu. Lorsqu’il s’agit de sujets qui me tiennent profondément à cœur, elle est toujours là. Mon récent édito sur la pédocriminalité en est un bon exemple.
Pourquoi me direz-vous ? Parce qu’après plusieurs années passées à faire vivre Creusot VOX, j’en suis arrivé à un constat qui n’est pas particulièrement agréable à faire.
À la base, Creusot VOX, c’était un projet simple : parler de sujets dont personne ne parlait. Donner la parole à des gens qui ne l’avaient pas. Relayer des témoignages qui seraient autrement restés dans l’ombre. Bref, faire ce que le JSL et Creusot-Infos ne faisaient pas.
Et force est de constater qu’il y avait un public pour ça : vous êtes aujourd’hui plus de 4.500 à suivre cette page Facebook, sans oublier ceux qui consultent via le site internet dédié. Des milliers de personnes lisent régulièrement ce qui y est publié. Quand je croise des gens dans la rue, ils me félicitent. Quand je participe à une réunion publique, on me reconnaît. Quand quelqu’un me parle de Creusot VOX, il y a une phrase qui revient constamment : « Tu dis ce que les gens n’osent pas dire. »
Très bien. Et après ?
Car derrière Creusot VOX, il n’y a pas une rédaction. Il n’y a pas une association. Il n’y a pas une équipe de bénévoles. Il y a une seule personne. Une seule personne qui reçoit les témoignages, qui vérifie les informations, qui rédige les publications, qui répond aux messages privés, et surtout, qui prend les coups lorsque certains sujets dérangent, y compris quand ce sont des « tribunes de creusotins ».
Et à force de faire le bilan, une question finit forcément par se poser : qu’est-ce que tout cela m’apporte réellement ? Je vais être parfaitement honnête avec vous : pas grand-chose. Je ne parle pas ici des compliments et des félicitations, j’en reçois. Mais les compliments et les félicitations ont leurs limites, parce qu’au bout d’un moment, un projet a besoin d’apporter quelque chose de concret à celui qui le porte.
Je pensais qu’après plusieurs années, avec plus de 4.500 abonnés sur Facebook, il existerait au moins une forme de retour tangible, qu’il soit social, professionnel ou autre. Or, ce n’est pas ce que j’observe, et c’est là que se trouve le véritable problème, car il existe un décalage de plus en plus flagrant entre ce que j’entends et ce que je constate.
D’un côté, j’entends régulièrement que Creusot VOX est utile, qu’il ne faut surtout pas que j’arrête, que la page est devenue incontournable, que certains ne s’informent plus que par son intermédiaire. De l’autre, lorsque je regarde les faits, je vois un projet qui continue de reposer presque exclusivement sur une seule personne, année après année, sans aucune aide concrète venant de l’extérieur.
Je vais même aller plus loin : je n’ai jamais caché être le co-gérant du café librairie « Les 9 Nekotakus » situé dans la rue piétonne. J’en ai même parlé à plusieurs reprises ici même. Pourtant, lorsque je compare le nombre de personnes qui me disent apprécier Creusot VOX au nombre de personnes qui franchissent la porte de notre établissement, il y a un autobus de différence !
Attention : je ne suis pas en train de demander l’aumône. Je ne suis pas en train de tendre la main. Je ne suis pas non plus en train de réclamer des dons. Je constate simplement qu’après plusieurs années passées à consacrer du temps, de l’énergie et parfois même un peu d’argent à ce projet, les retombées concrètes sont extrêmement faibles, et plus le temps passe, plus cette situation devient difficile à accepter.
Certains trouveront peut-être cela égoïste, libre à eux. Personnellement, je considère qu’il est normal d’attendre un minimum de retour lorsqu’on investit autant de soi-même dans quelque chose.
C’est pourquoi j’ai pris une décision radicale : j’ai décidé de placer Creusot VOX en sursis jusqu’au 18 décembre 2026, date de son 3ème anniversaire. Dès lors, deux possibilités s’affichent…
- Si d’ici cette date, les choses se mettent à changer par rapport à la situation que je vous ai décrite, alors la page continuera d’exister et sera partie pour une 4ème année. Creusot VOX continuera ses éditos, ses relais de tribunes, et à faire tout ce que vous appréciez sur cette page depuis maintenant plus de 2 ans et demi déjà.
- En revanche, si d’ici cette date, je ne constate aucun changement significatif par rapport à ce que je viens d’évoquer, alors Creusot VOX cessera définitivement ses activités. Je me consacrerai alors entièrement à mon commerce, à mes projets artistiques et à d’autres activités qui, elles, me procurent encore l’envie et l’énergie nécessaires.
Je suis navré d’avoir été aussi long, aussi brut de décoffrage aussi, mais je préfère être transparent et explicite avec vous, je vous dois bien cela.













